Intervention de Denez Marchand – Budget Culture – session mars 2025


Écoutez en vidéo le discours politique de Denez Marchand, avant la présentation du rapport du budget primitif 2025 consacré à la Culture – Département Ille-et-Vilaine. Denez Marchand, du groupe Écologiste, Fédéraliste et Citoyen, délégué à la culture, à la lecture publique et à la promotion des langues de Bretagne #illeetvilaine

« Chers collègues,

Initialement, j’avais prévu de présenter ce rapport du budget primitif 2025 consacré à la culture comme je l’ai fait la semaine dernière lors de la tenue de la commission 2, au plus près de sa version écrite. Mais les propos que j’ai entendu hier en provenance des bancs de la minorité me conduisent à formuler quelques remarques préalables.

Le vote de ce budget intervient dans un contexte difficile pour les actrices et les acteurs du monde culturel. Tout d’abord, dans le domaine du spectacle vivant, avec une baisse massive de la diffusion. Mais aussi une remise en cause sans précédent de la part de certains élus de Droite de notre République du bien fondé d’un service public de la culture qui faisait consensus jusque-là hormis à l’extrême-droite où, c’est bien connu, lorsque l’on entend le mot culture on sort son revolver.

Il en va ainsi de Christelle Morançais, membre du mouvement politique Horizons comme je crois certains collègues de la minorité de cette assemblée, qui a décidé non pas de « sabrer », selon le mot utilisé hier par l’une de nos collègues, le mot ne serait pas assez fort, mais de liquider, pour des raisons purement idéologiques, la politique culturelle de la collectivité qu’elle préside, la région voisine des Pays de la Loire. Avec des conséquences en Bretagne et en particulier en Ille-et-Vilaine, je pourrai vous en fournir maints exemples.

Si cet exemple venait à se généraliser à d’autres collectivités, c’est l’ensemble du financement public de la culture qui en serait menacé. Vous le savez, la culture, comme le sport ou les langues régionales, c’est inscrit dans la loi Notre, est une compétence partagée. Mais selon quelle répartition budgétaire ? En 2022, les dépenses culturelles des collectivités territoriales ont atteint 9,8 milliards d’euros dans notre pays (le bloc local réalisant 80% de ses dépenses, les départements 12%, les régions 8%). La même année, le budget de la culture de l’Etat s’élevait à 4,2 milliards. 

Notre majorité a fait le choix, même soumis à une contrainte qui nous oblige à réduire notre budget culture et ceux d’autres compétences partagées pour faire face à l’augmentation de nos dépenses du champ social et à la baisse de nos recettes, que nous n’avons plus le pouvoir d’augmenter, de rester aux cotés des actrices et des acteurs culturels dans cette période troublée où nous avons plus que jamais besoin d’eux. Ainsi aucun de celles et ceux qui sont en convention d’objectifs avec notre collectivité ne sera privé de tout financement, ni aucune école de musique. Nous resterons par exemple membres et financeurs de l’OPLB, alors que, par simple lettre, quel courage, la Région Pays de Loire a annoncé son retrait de cet EPCC.

Nous n’abandonnons pas non plus, comme j’ai pu l’entendre hier, nos actions culturelles dans les territoires ruraux pour se replier sur la métropole. Nous conserverons, c’est une priorité et c’est dans le rapport, une capacité de financement pour des résidences d’artistes à l’échelles des EPCI et en partenariat avec elles. Nous en ferons même la promotion lors d’une réunion en fin d’années avec les élus concernés et des artistes engagés dans ce dispositif. Nous resterons également membre et contributeur du GIP Café Culture, dispositif important pour soutenir l’emploi dans les manifestations culturelles organisées en dehors des lieux consacrés au spectacle partout sur le territoire. Groupement d’intérêt public que la Région Pays de Loire quitte également. Donc non, chers collègues de la minorité, vous vous trompez de cible :  ce n’est pas notre collectivité qui délaisse l’action culturelle dans les territoires.

Et si nous élargissons un peu la focale, ce n’est pas non plus un gouvernement de la sensibilité de notre majorité dont le ministère de la culture dépense pour la culture en Bretagne administrative 20€ par an et par habitant et qui en fait le territoire le plus mal doté après, comme par hazard,  Mayotte, La Réunion et la Corse, contre 195€ en Ile-de-France. Un bel exemple d’égalité républicaine produit par le centralisme qui nous étouffe et qu’Emmanuel macron (et ses gouvernements) n’a eu de cesse de renforcer. »