Intervention de Politique Générale – Session février 2026- Olwen Dénès – CD35


Chers collègues, je ne m’attarderai pas ce matin sur l’actualité outre-Atlantique où nous voyons un État démocratique basculer dans l’autoritarisme avec, comme fer de lance, une police de l’immigration qui traque, rafle et tue dans les rues des villes américaines.

Je ne disserterai pas non plus trop longtemps pour réagir aux propos du candidat des Républicains sur ma commune, à Rennes, qui assume parler de « préférence nationale » au micro d’un journal local. Je dirai juste à ce sujet, pour paraphraser les mots de l’ex-actrice Adèle Haenel à la cérémonie des Césars 2020 : « C’est la honte, c’est la honte ».

Mais, puisque j’évoque les élections municipales et que nous sommes dans la dernière ligne droite de la campagne, je voulais vous souhaiter à toutes et tous, chers collègues, une bonne fin de campagne électorale. Je souhaite une campagne apaisée et pleine de débats à l’ensemble des candidates et candidats du champ démocratique et républicain sur notre territoire. Je souhaite aussi aux futurs élu-es un mandat productif et constructif.

Car malgré une nouvelle loi sur le statut de l’élu, il reste encore beaucoup à faire pour susciter des envies et des vocations, pour permettre à celles et ceux qui le souhaitent de consacrer une partie de leur vie à l’intérêt général et aux biens communs. Si la loi sur la parité permet maintenant d’avoir autant de femmes que d’hommes élu·es, il reste encore beaucoup à faire, notamment pour les postes à responsabilités et les têtes d’exécutifs.

L’exercice d’un mandat est aussi encore parfois peu gratifié, peu accompagné, et je ne parle même pas des avancées énormes qu’il reste à faire pour atteindre une parité sociale, pour que nous soyons, nous élu·es, pas seulement le reflet des valeurs et idées de nos concitoyen·nes mais aussi le miroir de leur diversité, de leurs origines, de leurs parcours et de champs professionnels.

Si notre démocratie continue à vivre c’est en grande partie grâce aux élues locales et élus locaux. Et si nous voulons continuer en ce sens, il faut absolument que l’Etat soit l’allié des territoires et de cette démocratie locale.

Un Etat allié des collectivités c’est un Etat qui n’entrave pas les décisions prises par les territoires dans le cadre de leurs compétences. Je lisais ce matin dans un grand quotidien régional que le gouvernement souhaite dans son nouveau projet de loi transport, obliger les EPCI à indexer le prix des abonnements des transports en commun à l’inflation. En dehors de l’absurdité sociale d’une telle mesure, alors que les derniers gouvernements refusent de calquer les salaires sur cette même inflation, cette proposition montre surtout le peu de considération qu’il est fait par le gouvernement de la libre administration des collectivités.

Un Etat allié des collectivités, c’est aussi un Etat qui ne bloque pas les processus démocratiques locaux, je veux parler ici du SAGE Vilaine. Nous examinerons durant cette session un vœu relatif à la poursuite du dialogue et au respect de la gouvernance territoriale dans le cadre du SAGE Vilaine. La CLE, commission locale de l’eau, travaille, concerte, étudie, depuis plus de 3 ans toutes les questions relatives à la qualité de l’eau sur un territoire bien plus vaste que notre département. Malgré ce processus inédit, malgré une enquête publique et des débats dans les assemblées délibératives des collectivités, l’Etat a choisi seul de bloquer ces travaux. Nous demanderons donc avec ce vœu le retour de l’ensemble des actrices et acteurs autour de la table pour qu’enfin puisse être mis au vote le règlement du SAGE Vilaine. Les 3% de masses d’eau en bon état en Ille-et-Vilaine illustrent parfaitement le chemin énorme qu’il reste à parcourir.

Au sein de cette majorité départementale, nous serons toujours aux côtés de toutes les communes et intercommunalités dans cette séquence qui va s’ouvrir, ce budget 2026 en est la traduction. Si ce budget 2026 nous permet de sortir un peu la tête de l’eau par rapport à l’année dernière, nous restons en alerte car chaque grande annonce gouvernementale ou amendement budgétaire à venir peut nous faire basculer dans le rouge.

Nous serons néanmoins aux côtés de toutes les élues et de tous les élus locaux qui souhaiteront s’engager pour la transformation écologique de l’Ille-et-Vilaine, pour une agriculture paysanne, pour des mobilités décarbonées, pour un aménagement du territoire équilibré et résilient.

Nous serons des partenaires ambitieux pour celles et ceux qui souhaitent innover et investir dans les solidarités, pour lutter contre la pauvreté, pour créer du lien social et permettre à chacune et chacun des habitant.es d’Ille-et-Vilaine de vivre dignement et sereinement.

Nous serons un allié pour continuer d’agir en faveur du droit au logement pour toutes et tous au travers du Plan Département de l’Habitat et du PDALHPD qui seront également débattus lors de cette session.

Nous serons enfin au côté des collectivités qui s’engageront pour l’égalité des droits et des chances, pour les droits des enfants, pour l’accompagnement des familles, pour les droits culturels et le sport pour tous, pour l’éducation et plus particulièrement la défense et la promotion du service public de l’éducation encore une fois mis à mal par le gouvernement.

Il est prévu plus de 130 suppressions de postes dans le second degré en 2026 au sein de l’académie de Rennes alors que nous savons bien qu’il faut améliorer les politiques éducatives. Nous sommes toutes et tous présents ces jours-ci au sein des conseils d’administration des collèges bretilliens et nous entendons bien la détresse des enseignants face aux difficultés et à la perte de sens de leur travail. Il y a même des enseignantes et enseignants présents ce matin devant les grilles du département, je souhaite leur dire au nom du groupe écologiste, fédéraliste et citoyen de toute notre bienveillance, notre écoute et notre mobilisation pour défendre le service public de l’éducation.

Je vais terminer en exprimant un autre soutien, cette fois-ci aux professionnels, aux usagers et usagères des centres de santé communautaires qui sont en péril à la suite du vote du budget de l’Etat. Il y a en France 46 centres de santé communautaires en ville comme en milieu rural, dont celui du Blosne à Rennes. Ces centres vont voir leur enveloppe de crédits alloués par l’État diminuer de 14 millions d’euros, avec des budgets en baisse en 40 à 50% qui mettent de péril ces structures. Alors que la santé est la préoccupation majeure des français, que l’accès aux soins est difficile pour beaucoup, cette décision est absurde et je sais que nous sommes nombreux au sein de cette assemblée à nous indigner et à nous mobiliser pour que le gouvernement fasse machine arrière rapidement.