Intervention de Politique Générale – Session du 18 juin 2026 – Marion Le Frène


« Aujourd’hui nous ouvrons la première session post-élections municipales. Des élections qui ont vu des équipes se renouveler, de nouveaux et nouvelles élu.e.s arriver dans les conseils municipaux et en tant que maires dont certains et certaines siègent d’ailleurs au sein de cette assemblée. Nous comptons des élu.e.s renouvelé.e.s, d’autres nouvellement arrivé.e.s, mais parfois la campagne ne s’est pas concrétisée favorablement et nous savons à quel point cela peut être dur à vivre. Nous saluons ainsi l’engagement pour la vie publique sur leur territoire, de tous ceux et toutes celles qui se sont engagés, quel que soit le résultat final. Mais au-delà de cette nouvelle mandature, la responsabilité est immense : répondre à l’urgence sociale et écologique de nos territoires.

Nous entrons dans une phase qui conduit notre Département à  faire connaître à tous et toutes les élu.e.s locaux nos compétences, nos dispositifs et outils à leur disposition, pour œuvrer ensemble de manière concertée et constructive à la satisfaction des besoins et attentes des habitants et habitantes, chacun dans ses prérogatives :

  • sur leur cadre de vie,
  • sur leurs mobilités,
  • sur la disponibilité de logements,
  • sur le bien vieillir,
  • sur l’accès aux services publics notamment pour lutter contre le non-recours,
  • sur leur santé par un travail coordonné sur la qualité de l’eau, par le développement de l’agriculture biologique sur le territoire, par une offre de produits de qualité pour les collégiens et collégiennes

C’est donc avec détermination que nous devons collectivement porter des politiques publiques ambitieuses ancrées dans les territoires et résolument tournées vers l’intérêt général. Ce même intérêt général qui ne doit laisser personne sur le bas-côté.

Nous verrons aujourd’hui, au travers du rapport sur le Plan Alimentaire Territorial, que l’ambition pour la restauration dans les collèges publics, voulue par notre majorité départementale, dépasse le cadre de la loi Egalim ; grâce à l’appui notamment de la centrale Breizh Achat, véritable outil pour l’approvisionnement en produits bio, locaux et de qualité et pilotée par notre collègue Jean-Paul Guidoni. Notre groupe profite d’ailleurs de cette session pour saluer l’engagement et le travail des équipes de cuisine du département qui œuvrent dans les cantines et dont le travail est souvent méconnu. Ils constituent un maillon essentiel de la chaîne.

Rappelons par ailleurs que la mise en place de la tarification solidaire, avec un premier tarif à 80 cts d’euros, a pour vocation de faire bénéficier au plus grand nombre de collégiens et collégiennes cette alimentation saine et de qualité. Bien manger ne doit pas être un privilège mais un droit fondamental.

Nous nous inscrivons ainsi dans une démarche de santé publique qui profite également au reste de la société. En effet, s’approvisionner auprès de filières bio, participe à la préservation de notre ressource en eau / des pollutions causées par l’utilisation des pesticides, tout en réduisant l’exposition des populations à ces derniers, à commencer par les agriculteurs et agricultrices.

S’approvisionner en produits locaux contribue également au développement économique local, notamment en faveur des agriculteurs et agricultrices du territoire.

C’est donc une démarche vertueuse, dont  les bienfaits sont nombreux et nous concernent toutes et tous.

Depuis la loi NOTRe l’économie n’est plus une compétence départementale, il n’en demeure pas moins que les entreprises, en tant qu’actrices incontournables de la vitalité des territoires et créatrices d’emplois locaux, occupent une place prépondérante au cœur de notre politique d’insertion.  Ainsi notre collègue Caroline Roger Moigneu nous présentera au cours de cette session un plan de mobilisation des employeurs en faveur des allocataires du RSA grâce à un travail de concertation de plusieurs mois avec la Fondation agir contre l’exclusion. Cette mobilisation des acteurs de l’économie locale, au plus proche des allocataires, est une première étape. Cependant, elle vient consolider notre politique d’insertion pour des accompagnements toujours plus adaptés en fonction des capacités de chacun.e. C’est ainsi que nous concevons une politique humaine qui préserve la dignité de tous et toutes.

Développer des politiques en faveur du cadre de vie de nos territoires et de la santé des populations passe inévitablement par la préservation et le développement de la biodiversité. C’est toute l’ambition portée dans les ENS et que nous retrouvons particulièrement dans le projet de Réserve Biologique Intégrale, l’adoption de son plan de gestion et règlement, que nous présentera tout à l’heure notre collègue Yann Soulabaille. Ce projet ambitieux, dont nous sommes fier.e.s, toutes et tous élu.e.s de la majorité, va pouvoir devenir un vrai laboratoire d’étude à ciel ouvert pour les scientifiques. Dans un contexte où les forêts sont fragilisées par les effets du dérèglement climatique, leurs travaux permettront à terme d’orienter les politiques forestières.

Nous découvrirons également aujourd’hui le plan d’action pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans notre collectivité. On entend encore trop souvent des personnes dire que cette égalité est déjà acquise, que le travail sur l’égalité n’a plus lieu d’être. Mais il n’en est rien ! Le travail sur l’égalité professionnelle, de même que les actions menées pour sensibiliser à la place des femmes dans la société d’une manière plus générale, sont indispensables et sont un levier de prévention primordial contre les violences sexistes et sexuelles . À une époque où les droits des femmes sont fortement remis en cause, en France comme ailleurs, où le masculinisme demeure profondément ancré dans la société, où les violences faites aux femmes et aux enfants occupent une place prépondérante dans notre actualité, notre collectivité prend ses responsabilités et s’engage.

Nous tenons aujourd’hui à dénoncer une justice à 2 vitesses quand elle laisse en liberté une personnalité accusée à de multiples reprises de viols, agressions sexuelles et harcèlement sexuel, quand les victimes se multiplient et souffrent en silence. Quand elle laisse en liberté un pédocriminel avéré conduisant à la mort de la petite Lyhanna. Les violences sexistes et sexuelles doivent enfin être prises au sérieux. Les femmes, les jeunes filles et les enfants doivent être protégé.es des agresseurs. Nous demandons au préfet d’Ille-et-Vilaine de protéger les jeunes femmes majeures migrantes et les jeunes femmes en recours, et de leur permettre d’accéder à des hébergements dignes. Car nous le savons, une femme à la rue est encore plus vulnérable qu’un homme, soumise au viol, au trafic d’être humains … Nous nous devons de les protéger !

Notre système judiciaire est en perte d’efficacité depuis la fin des années 2010 et il n’a cessé de se dégrader depuis, comme en témoigne la succession de rapports dans ce domaine, jusqu’à se retrouver dans une situation critique.

Alors que ce constat est connu des différents gouvernements qui se sont succédés depuis et  jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, nous sommes attéré.es par l’absence de remise en question sur leur responsabilité par les différents ministres de la justice, à commencer par l’actuel, plus prompt à chercher des boucs émissaire parmi les personnels  du ministère de la justice ou des forces de l’ordre, qui se démènent et se battent au quotidien dans des conditions de travail dégradées depuis de nombreuses années.

Il est donc plus qu’urgent que la France se dote d’une loi intégrale sur les violences sexuelles à l’encontre des femmes et des enfants, réclamée depuis plusieurs années déjà.

Aujourd’hui, après plus de 2 ans à devoir réduire nos budgets, nous allons avoir une DM1 avec un budget supplémentaire. Un budget à la hausse, que nous allons utiliser pour notamment redonner du souffle au monde associatif du territoire, si impacté. Nous serons heureux de pouvoir faire des annonces positives aux acteurs et actrices à qui nous avons dû baisser des budgets pour faire face à nos propres difficultés ; mais sans jamais remettre en question leurs actions, leur importance, le soutien qu’on leur apporte et en gardant un lien permanent. C’est un vrai soulagement, mais qui risque de n’être qu’un bref sursaut si les départements ne voient pas leur mode de financement évoluer. Nous appelons encore une fois l’Etat à prendre en considération les difficultés des départements même s’il est désolant de constater que la tendance est plutôt au renforcement de la place de l’échelon étatique Nous proposerons également dans ce budget supplémentaire aujourd’hui le réabondement du budget annexe. Nous appelons ici aussi une fois encore l’Etat à régulariser la situation, à réparer ses erreurs et à rembourser la taxe d’aménagement non versée.

Notre majorité départementale est totalement impliquée au service de la population et des territoires. A l’œuvre pour apporter aux habitantes et habitants des solutions au service de leur quotidien, au cœur de leurs préoccupations, pour leur bien-être et leur santé. Pragmatiques, engagées, solidaires et bien sûr écologistes. »

Olwen Dénès et Marion Le Frène

Co-président·es du groupe Écologiste, Fédéraliste et Citoyen

Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine