Écoutez ci-dessous et lisez l’intégralité des propos de Marion Le Frène, conseillère départementale de notre groupe (Ille-et-Vilaine), déléguée à l’éducation populaire et à l’éducation à l’environnement.
🟪Session budgétaire du 19 mars 2025 (débats sur le budget primitif 2025)
🗣 »L’effondrement de la biodiversité est présenté par la communauté scientifique comme étant bien plus grave et plus impactant encore que le dérèglement climatique. Selon l’OFB […], depuis deux cents ans, les extinctions d’espèces sont 10 à 1000 fois plus rapides que le rythme naturel. » Marion Le Frène
👉Lors du premier temps de la session (qui a lieu du 19 au 21 mars), suite à la délibération « Environnement-Budget annexe-Biodiversité et paysages » (présentée par Yann Soulabaille), Marion Le Frène, déléguée à l’éducation populaire et à l’éducation à l’environnement, s’est exprimée face aux amendements déposés par le groupe d’opposition Union du Centre et de la Droite ⏺ (demande d’élargissement par l’opposition du champ du budget annexe -👉 budget annexe lié à la Biodiversité, budget distinct du budget principal).
🗣 »On entend beaucoup […] la question d’élargir le champ du budget annexe. Avec l’idée que ce budget pourrait être affecté à des sujets plus urgents, ou plus importants. Rappelons que le principe du budget annexe est de compenser, via la taxe d’aménagement, les infrastructures qui détruisent la biodiversité. »
L’intégralité des propos :
« On entend beaucoup depuis quelques temps et aujourd’hui en particulier, des rangs de l’opposition, qui a d’ailleurs déposé pour cette session des amendements en ce sens, la question d’élargir le champ du budget annexe. Avec l’idée que ce budget pourrait être affecté à des sujets plus urgents, ou plus importants. Rappelons que le principe du budget annexe est de compenser, via la taxe d’aménagement, les infrastructures qui détruisent la biodiversité. Et vu l’adoption par le Sénat, mardi, de la proposition de loi Trace, avec l’abrogation de l’objectif de réduction de 50 % de l’artificialisation des sols et la multiplication des exemptions, l’effondrement de la biodiversité sur nos territoires n’est pas près de s’enrayer !
Alors oui, on peut s’entendre sur le fait que dans le budget principal il peut y avoir des sujets en faveur de la biodiversité, mais en l’occurrence certaines propositions des amendements touchent la transition écologique et énergétique. Bien entendu nous ne pouvons qu’être en faveur d’actions fortes pour la nécessaire transformation écologique de nos territoires, mais nous parlons ici de protection de la biodiversité, la nuance n’est peut-être pas claire pour tout le monde.
Alors je pense qu’il est temps de rappeler quelques principes :
L’effondrement de la biodiversité est présenté par la communauté scientifique comme étant bien plus grave et plus impactant encore que le dérèglement climatique.
Selon l’OFB (à qui on apporte encore une fois notre soutien tant cet organisme est primordial et attaqué par de nombreux élus de droite), depuis deux cents ans, les extinctions d’espèces sont 10 à 1000 fois plus rapides que le rythme naturel. A ce rythme, la planète va perdre 75 % de ses espèces en 500 ans.
- 68 % des populations de vertébrés ont disparu entre 1970 et 2016.
- 40 % des insectes sont en déclin au niveau mondial. Depuis 30 ans, la masse des insectes diminue sur Terre de 2,5 % chaque année
- 66 % des milieux marins sont détériorés
- 15 milliards d’arbres sont abattus chaque année dans le monde.
Je pourrais vous donner encore de nombreux chiffres tant toutes les espèces sont impactées.
Mais j’ai bien conscience que ces chiffres n’émeuvent pas tout le monde, que certains n’ont toujours pas conscience que nous faisons partie d’un écosystème.
Alors parlons du lien entre biodiversité et activités humaines :
- Notre agriculture dépend à 75 % des insectes pollinisateurs. Nous parlons donc de notre alimentation !
- 70% des médicaments et anticancéreux proviennent directement des réservoirs naturels
- Le rapport de la Banque mondiale de juillet 2021, estime que l’effondrement de certains services écosystémiques fournis par la nature (comme la pollinisation sauvage, la nourriture issue de la pêche marine et le bois provenant des forêts naturelles) pourrait amputer le PIB mondial de 2 700 milliards de dollars par an d’ici à 2030.
Sur le budget annexe, les agentes et agents du département font des opérations de reméandrage des cours d’eau, de restauration des zones humides, des plantations de haies bocagères … opérations qui permettent aux territoires d’être plus résilients en cas de sécheresse et fortes chaleurs – qui nous impactent déjà et nous impacteront de plus en plus – mais aussi en cas d’inondations. Nous n’avons pas encore fini de remettre en état nos infrastructures abimées par les dernières en date. Et les réparations coutent bien plus cher que l’anticipation !
Nous savons aussi maintenant les liens étroits entre notre santé, notre santé mentale et la nature. Pour renforcer son immunité, pour améliorer son attention. Aller dans la nature réduit les risques cardio-vasculaires … les bénéfices sont nombreux !
Il y a une vraie urgence à protéger notre biodiversité, on ne peut ni attendre, ni baisser les moyens attribués.
Et si vous n’avez pas encore compris les enjeux de la préservation de la biodiversité je vous invite à participer aux animations nature du programme du Département, financées par le budget annexe ! »